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Bosnie Herzegovine : le temps de la démocratie est venu

Communiqué de Presse – Paris, le 23 avril 2024

Alors que l’Ukraine défend son unité territoriale et sa souveraineté, conformément au droit international qui protège les Nations des conflits territoriaux, avec un large soutien en Europe et aux Etats Unis, imaginons un instant le résultat de négociations hâtives. La Russie aurait 51% des voix d’une Grande Ukraine comprenant les territoires « séparatistes » du Dombass et la Crimée, obtenues par la force, et l’Ukraine de Zélenski, qui aurait perdu le conflit conserverait le territoire restant avec 49% des voix, plus d’armée et une démilitarisation à vie. L’humiliation serait intolérable, et personne aujourd’hui ne pourrait l’envisager.

C’est pourtant la solution proposée par les Etats Unis en 1995 lors des accords de Dayton, qui ont acté une division du territoire national et un cantonnement minoritaire au sein de la gouvernance commune, dans laquelle la Bosnie et la minorité Croate aurait ensemble 51% des droits de vote, avec une assurance d’être toujours majoritaires dans la gouvernance de la Bosnie-Herzegovine. Cette solution, contraire au droit international en vigueur, et particulièrement humiliante et anti-démocratique a été ratifiée par l’Union Européenne dans l’indifférence générale.


Après 29 ans de paix, le temps est sans doute venu pour le peuple Serbe de voter pour son auto-détermination de manière démocratique et de mettre fin à une division injuste et insoutenable à long terme. L’Europe doit reprendre le leadership dans les Balkans qui sont candidats à l’entrée dans l’Union Européenne, et la France a un rôle moteur à jouer pour construire l’Europe de la paix durable. 

Le communiqué du Quai d’Orsay qui fait suite au vote par la Présidence de la République Serbe de Bosnie, ne prend pas cette voie, suivant aveuglément les Etats Unis dans une solution inique et indéfendable. Il est temps de sortir de l’aveuglement et de prendre le recul historique nécessaire. Diviser une Nation n’est jamais une solution pérenne et fait germer des conflits nationalistes qui ont miné les Balkans.

Pour avoir discuté de l’avenir de la République Serbe de Bosnie et de la Bosnie Herzégovine avec le Président Milorad Dodik lors de son passage à Paris la semaine dernière, et après avoir m’être rendu à Banja Luka il y quelques années, et suis favorable à un référendum populaire. La France et l’Europe doivent assumer leur rôle dans la pacification d’un conflit encore à vif et donner la parole aux habitants pour une auto-détermination pacifique.

La question du Kossovo et de la Serbie se pose dans des termes différents, qui méritent aussi l’attention de l’Union Européenne. Si une autonomie territoriale du Kossovo peut se défendre, diviser une Nation n’est jamais une solution pérenne, et nous devons reprendre le chemin du dialogue constructif pour sortir de l’impasse. Le déni de réalité conduit le peuple serbe dans les bras de Vladimir Poutine et de la Russie, davantage à l’écoute des préoccupations de l’ancienne Yougoslavie.

La Place des Balkans est en Europe, et nous devons à présent prendre notre destin commun en mains pour écrire un avenir de paix et de dialogue.

par Antonin DUARTE, 

Tête de Liste LES ECOLOGISTES pour les élections européennes du 9 juin 2024

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