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JO Paris 2024 : un bilan globalement positif mais un budget qui explose avec +84%

Les Jeux Olympiques de Paris 2024 sont clôturés, avec un bilan positif en terme d’organisation qu’il convient de saluer.

Si le budget initial de 6.2 Mds € en 2017 a été dépassé de +30% à 9 Millards €uros avec une contribution officielle de 2.3 Mds € de l’Etat qu’il convient de doubler à 4.9 Mds € selon nos estimations. La sous-estimation chronique des JO par les organisateurs pour les faire adopter, sachant qu’il est largement sous-estimé, devrait faire l’objet d’une responsabilité financière et pénale des élus en charge du budget pour limiter les petits calculs démagogiques auxquels on semble s’habituer…

La question de la sécurité des Jeux devrait être incluse par le COJO dans son budget compte tenu du coût colossal qu’il représente avec les risques de terrorisme qui ont renchérit son coût. Nous en alertions dès 2017 en l’estimant à 1 à 2 Milliards d’€uros, ce qui est proche de la réalité de 2024 avec la mobilisation exceptionnelle de +35 000 policiers et militaires, sans compter la sécurité privée et les bénévoles, soit près de 50.000 personnes mobilisées pour sécuriser les Jeux. Il faut y ajouter également le coût de la dépollution de la Seine de 1.4 Mds € non budgétisé par le COJO…. et à la charge du contribuable. Le coût des infrastructures, à la charge de l’entreprise publique SOLIDEO, a été partiellement financé par des fonds publics, avec des recettes de cession au privé, notamment pour le Village Olympique de Saint Denis. Les primes exceptionnelles des fonctionnaires et employés du privé, de 1000 à 1900 € par agent, dépasse in fine le Milliards d’€uros pour 3 semaines de JO….

Soit un total de coûts cachés estimé à 2.5 Mds €, qui double la contribution de l’Etat à un total de 4.9 Mds € selon nos estimations, proche du chiffrage de la Cour des Comptes qui l’estimait à 5 Mds€, sur un budget total réel de 11.6 Mds €soit 42% de financement public et un dépassement de +82% par rapport au budget initial. Le chiffrage de la Ministre du tourisme de 8.8 Mds € en Aout 2024 semble donc totalement sous-estimé.

Il faut cependant saluer l’absence d’éléphant blanc à l’issue des JO avec un seul Stade construit pour Paris 2024 Porte de la Chapelle, avec la préférence de rénovation d’infrastructures sportives existantes, et le recyclage d’infrastructures mobiles – les piscines de La Défense Arena – notamment dans le Département de Seine Saint Denis, qui était sous-équipé. Sur le développement durable, la promesse de jeux exemplaires a été gâchée notamment par le sponsor Coca Cola qui a reversé des milliers de bouteilles en plastiques dans des gobelets en carton pour se conformer au cahier des charges des JO… A noter la relative sobriété du principal sponsor LVMH qui apparaissait de manière discrète dans certains évènements, sans l’être de manière ostentatoire, et qui a été la vitrine du luxe à la française, plutôt que Total Energies, dont le greenwashing atteint des sommets indécents avec une production minime d’Energies renouvelables face au maintien des énergies fossiles à un niveau incompatible avec les objectifs des Accords de Paris…

Concernant le choix de l’équipe des Cérémonies des JO, nous regrettons le choix partisan d’un historien d’extrême-gauche, Patrick Buisson, dont les positions sur le terrorisme islamique sont désormais connues, et des artistes davantage engagés dans un militantisme woke ostentatoire, plutôt que dans un projet culturel à l’image de la République française qui ont éclipsé en partie la réussite de la Cérémonie d’ouverture et l’image de la France à l’étranger. L’absence de cahier des charges clair et de contrôle, ont renforcé cette dérive regrettable pour un événement sportif censé célébrer l’histoire et l’universalisme à la française….

Ce coût indirect doit être intégré aux Budget pour en mesurer les retombées et les bénéfices / risques. Les retombées mesurées pendant les JO semblent limitées, et très inférieures aux estimations dont le chiffrage baisse d’année en année, avec une hausse modeste du taux de remplissage des Hôtels de 16% et meublés touristiques, mais une baisse des recettes des restaurateurs et loisirs culturels. Seule une prise en compte des retombées économiques à moyen terme, avec une amélioration de l’image de Paris et de la France permettra d’amortir cet investissement. Chiffrées à 9 Milliards de retombées sur 15 ans par la Ministre Olivia Grégoire, ce qui semble optimiste et avec des hypothèses contestables sur la durée des retombées, elles ne couvrent que partiellement le budget réel des JO et ne représentent que le double de l’investissement public, ce qui semble un ratio assez faible. Une mesure des retombées sur 5 ans semblerait plus réaliste pour en mesurer les retombées réelles et non supposées.

A Paris, il faut saluer la mobilisation des équipes de propreté, exemplaire, qui tranche avec l’image d’une capitale sale et délaissée le reste de l’année. Espérons que la Maire de Paris en tirera des leçons pour le quotidien des parisiens. Concernant les transports publics, la mobilisation a été globalement réussie, à l’exception notable de l’accessibilité handicapée des métros parisiens, avec seulement 3% des stations de métro accessibles, essentiellement les nouvelles lignes automatisées comme la ligne 14. Nous aurions pu espérer un sursaut à l’approche des Jeux Olympiques et paralympiques, qui n’a pas eu lieu. C’est le défi des transports du quotidien qui est resté en salle d’attente.

Antonin DUARTE 

Président

LES ECOLOGISTES

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