2 septembre 2025 par Bertrand GRECO

Antonin Duarte, urbaniste qui se réclame à la fois de « l’écologie urbaine » et du macronisme, annonce qu’il sera tête de liste dans la Capitale en mars 2026. Son mouvement politique, Les Ecologistes – en contentieux avec le parti éponyme de Marine Tondelier – s’est allié notamment avec Ecologie au centre, présidé par Jean-Marc Governatori. Il formule déjà des propositions chocs pour le Grand Paris.
Existe-t-il une voie, à Paris, entre la gauche d’Emmanuel Grégoire (PS) et la droite de Rachida Dati (LR) ? C’est ce que veulent croire les tenants d’un centrisme écologiste, ou d’une écologie du centre. Proche du macronisme, Antonin Duarte, président du mouvement Les Écologistes (à ne pas confondre avec le parti de Marine Tondelier et David Belliard), a annoncé le 2 septembre le lancement de sa campagne dans la Capitale pour les municipales de mars 2026. Il était accompagné, au café L’Européen, près de la gare de Lyon (12ᵉ arr.), de Jean-Marc Governatori, président d’Écologie au centre (1). Sa démarche est également soutenue par Gilles Saulière, secrétaire général d’Union des centristes et écologistes.
« Nous allons déposer une cinquantaine de listes en France, en particulier dans les villes écologistes, comme Strasbourg, Bordeaux, Lyon ou Grenoble », indique Jean-Marc Governatori, lui-même candidat à Nice (Alpes-Maritimes), où il est conseiller municipal. « J’ai un contentieux avec les Verts qui essaient de nous piquer la marque Les Écologistes, ajoute Antonin Duarte. Leur logo est quasiment identique au nôtre, alors que j’avais tout déposé à l’Inpi [Institut national de la propriété industrielle] dès 2010. Dix procédures sont en cours. »
« Et maintenant, on attaque sur le plan politique ! », ajoute l’urbanisme, membre d’En Marche (depuis 2017) et aujourd’hui de Renaissance. Pourquoi tant de ressentiment ? « Les Verts sont devenus un parti woke d’extrême gauche, allié à LFI, adepte de l’antisémitisme contextuel, passé d’un électorat bobo et urbain à une dérive gauchiste », accuse Antonin Duarte, avec l’acquiescement de Jean-Marc Governatori, ex-EELV. Il reproche aussi à Anne Hidalgo d’être « la reine du greenwashing » et à la maire écologiste du 12e, Emmanuelle Pierre-Marie, d’avoir été « celle qui a le plus bétonné son arrondissement ».
Les trois mouvements écolo-centristes ont donc décidé de s’allier pour proposer une liste commune à Paris, menée par Antonin Duarte. Celui-ci avait déjà été candidat en 2020, dans le 17ᵉ, sous les couleurs d’Agnès Buzyn (En Marche). Mais aussi en 2008, dans le 19ᵉ, avec Marielle de Sarnez (MoDem). Ainsi qu’aux régionales de 2010, dans le Val-de-Marne, avec Jean-Marc Governatori. À la présidentielle de 2007, il était conseiller de François Bayrou sur l’écologie.
« Agrandir Paris, comme du temps du baron Haussmann »
Fondateur de l’Association Grand Paris en 2008, Antonin Duarte entend aujourd’hui, dans le cadre de la campagne de 2026, formuler des propositions chocs : il suggère, par exemple, « d’agrandir Paris, comme du temps du baron Haussmann », en proposant aux communes limitrophes de l’ancienne ceinture rouge de « fusionner avec la Capitale » en devenant les 21ᵉ, 22ᵉ, 23ᵉ arrondissements – « sur la base du volontariat », précise-t-il, avec des investissements financiers en contrepartie.
Il souhaite aussi « effacer le périphérique », notamment au niveau du Parc des Princes (16 arr.), en le recouvrant d’une « grande promenade verte », financée par un partenariat public-privé et un bail de 50 ans. Autre proposition pittoresque : « Décentraliser la capitale politique en province, dans la région Centre, par exemple. » À l’entendre, les ministères, l’Assemblée nationale, le Sénat pourraient ainsi déménager pour « libérer environ 200 ha d’espaces verts et d’emprises foncières, soit plus de 5 millions de m² de bureaux », qui seraient « rendus aux Parisiens » et « transformés en logements intermédiaires pour les classes moyennes ».
Jean-Marc Governatori l’admet : « Antonin Duarte ne sera pas maire de Paris, mais on peut être faiseurs de roi ou de reine en 2026 entre la gauche et la droite républicaine. » L’intéressé, lui, ne voit pas les choses ainsi : « Moi, je pense que le jeu est très ouvert. J’ai la conviction qu’une majorité de Parisiens se reconnaissent dans l’écologie urbaine que nous portons. En 2020, Agnès Buzyn et Cédric Villani [dissident macroniste à tendance écologiste], à eux deux, avaient dépassé les 25 %, soit plus que Rachida Dati [22,7 %]. » Au-delà du clivage gauche-droite, entre LR de Rachida Dati, « qui penche de plus en plus vers l’extrême droite », et le PS d’Emmanuel Grégoire, « député NFP [Nouveau front populaire] élu avec les voix de LFI », Antonin Duarte veut le croire : « On a un boulevard devant nous ! » À voir…
(1) Jean-Marc Governatori est notamment connu pour avoir participé à la primaire d’Europe Écologie Les Verts (EELV) pour l’élection présidentielle de 2022. Il était arrivé en 5e position (2,3 %), derrière Yannick Jadot, Sandrine Rousseau, Delphine Batho et Eric Piolle
